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  • : Le blog de attelage.bovins.en.charollais.over-blog.fr
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  • : L'expérience de deux passionnés d'attelages bovins en région charollaise. Du dressage des animaux à la fabrication des jougs.Calendrier des manifestations, archives photos.
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Merci à Maroussia Laforêt pour la relecture des articles.

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retrouvez le nouveau blog des attelages bovins d'aujourdhui

Un nouveau blog sur les attelages bovins aujourd'hui en activité en France. Carnet d'adresses des attelages, vidéos, photos 

http://attelagesbovinsdaujourdhui.unblog.fr/

retrouvez nos attelages en 2014:


. Le dimanche 3 Août à Manziat dans l'Ain à la fête du patrimoine de Manziat


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bientôt en ligne

.Ferrage d'Azalée à la fête de l'âne à Baron en 2010

 


 

 



 

photothèque

Si vous connaissez des documents relatifs aux attelages bovins de la région Charollaise et Brionnaise et de ses environs, faites-les partager aux passionnés qui consultent ce blog en nous contactant (voir à gauche de la page, cliquez sur contact). Cela permettra aussi de sauvegarder ces archives.
Merci à tous 

23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 09:06

 

 

    Les boiteries sont des chants qui étaient utilisés pour inciter les vaches ou les boeufs au travail. Ces pratiques musicales étaient appelées de différents noms selon les régions: 


       boiteries ou tchaulage en Charollais Brionnais

       briolage en Berry

       dariolage en Vendée

       bahotage en Bretagne

       chanchari en Guadeloupe

 

     Un colloque consacré à ces pratiques s'est déroulé en Vendée du 7 au 10 octobre 2010. (voir le lien avec Arexcpo dans la colonne de gauche)

 

    Nous y avons participé indirectement grâce aux contacts que nous entretenons avec les organisateurs et participants: Jean Pierre Bertrand président d'Ethnodoc en vendée, Mic Baudimant musicien chanteur Berrichon, merveilleux "brioleux"et de Michel Colleu coordinateur de l'OPCI (office du patrimoine culturel immatériel). Nous avons présenté le texte qui suit, accompagné d'un petit historique sur les attelages bovins dans le Charollais Brionnais (que vous retrouvez dans ses grandes lignes dans l'article de notre blog "2005 la renaissance de l'attelage bovin à Charolles").

 

Voici le lien avec le site de l'éditeur du livre issu de ce coloque, auquel nous avons collaboré.

Il s'intitule:  LE CHANT DE PLEIN AIR DES LABOUREURS


Cliquez sur le lien ci-dessous pour consulter le site

 

link

 

 

 

___________________________________________________________


les boiteries


      Contrairement à d'autres régions de France, le Charollais Brionnais a été très peu collecté musicalement.


     Dans les années 1955-60, René Horiot, du GSAC (groupe spéléo archéologique du Charollais) a réalisé une campagne de collectage. Parmi les enregistrements on trouve quelques boiteries. C'est par le biais du GSAC qu'on sait que ces chants d'encouragement aux animaux sont nommés ainsi.


    Un document de synthèse de leur collectage présente une interprétation des collecteurs sur le sens et l'origine de ces chants de travail. En voici le texte:


Nous ignorons si ce nom est employé ailleurs qu’en Charollais où il désigne ces chants bucoliques servant autrefois aux bouviers pour activer leurs bœufs. En effet, si des poètes ont chanté le pas paisible et lent de ces animaux, il faut savoir que cette lenteur n’était pas souhaitable pour les travaux des champs effectués grâce à ces attelages et, pour les actionner, les bouviers n’avaient que deux moyens ; l’aiguillon (ou guidze en dialecte charolais) et la voix. L’aiguillon ne pouvant pas être employé continuellement, restait la voix, et force était aux bouviers de se faire entendre sans cesse, sinon l’attelage ralentissait.

Pour ce faire, chacun avait sa méthode. Certains criaient un peu n’importe quoi en plus de divers ordres, d’autres entremêlaient ces criailleries de jurons. D’autres encore juraient sans cesse comme des possédés, et, à ce propos, nous connaissons le cas d’un fermier Palingeois qui agissait ainsi… mais comme sa ferme était proche du château de Digoine, ses vociférations y étaient entendues, si bien qu’après lui en avoir fait en vain plusieurs observations, la châtelaine d’alors lui refusa pour cette raison le renouvellement de son bail !

Heureusement, d’autres bouviers chantaient. Il s’agissait de chants improvisés qui parfois n’étaient que de simples vocalises, et parfois un mélange de paroles et de vocalises. Bien entendu, ceux qui étaient dotés d’une belle voix en profitaient pour se faire entendre, et l’inspiration du moment leur dictait certaines paroles qui, suivant les circonstances, revenaient ou variaient souvent. Et comme les champs cultivés n’étaient pas très loin les uns des autres, il y avait parfois de l’un à l’autre de véritables concours de chants bucoliques…. Ces moments pouvaient être d’une beauté qui, hélas, ne se retrouvera plus.

Il est bien dommage que rien n’ait été recueilli de ces boiteries. Nous ne sommes en mesure que d’en donner quatre exemples de valeurs bien différentes. La plus belle étant celle due au bouvier charolais Fayard, qu’heureusement le folkloriste Gabriel Roberjon fit noter à l’époque par le chef de musique Badin. Nous n’avons pu qu’apercevoir ce document peu avant le décès de Gabriel Roberjon, mais heureusement sa nièce Mademoiselle Madeleine Sabatier en connaissait l’essentiel qu’elle a pu nous chanter.

Ces quatre exemples que nous donnons ont été recueillis dans des lieux fort éloignés les uns des autres, et trois seulement possèdent des paroles parmi lesquelles la vocalise « Olé » (d’où en découle Léo) revient chaque fois. Or cette vocalise est très usitée en Espagne, et c’est pourquoi certains ont voulu y voir une survivance de l’époque où le Comté du Charollais appartenait à l’Espagne…. Ce qui nous ferait remonter bien loin dans le temps ! Mais nous ne prenons pas parti sur ce point et nous nous bornons à le signaler.

Quant à l’expression signifiant nous irons, nous reviendrons que l’on retrouve aussi, c’est la description de la plupart des travaux des champs qui nécessitent de continuelles allées et venues. Cette description forme évidemment la base de l’inspiration des chanteurs qui pouvaient aussi faire allusion à des occupations d’un autre genre. Exemple : « Nous irons dans le Brionnais chercher du foin pour les Charollais ».

René Horiot

     _____________________________________________________________________________________________________________

 

 

     Voici les enregistrements de boiteries du GSAC effectués entre 1950 et 1960. La qualité sonore n'est pas bonne mais les documents sont précieux.

 

(cliquez sur la flèche)

 

boiterie n°1

  

la la la

 

 

boiterie n°2


oh nos érant dans l'Brionnais

oh nous irons dans le Brionnais

tseurtsi du foin p'les tsarollais mon cabet

chercher du foin pour les Charollais mon cabet

Oh la lé lon lé

oh nos érant nos rveindrans

oh nous irons nous reviendrons

mes bus biancs

mes boeufs blancs


    

boiterie n°3


tra la la la......

oh nos irans

oh nos rveindrans

oh mes ptchets bus biancs

oh lé lé hé

lo lé lé oh 

 

hue la hue ah tché hue la

 

("tché" est l'appel couramment utilisé dans la région pour appeler les vaches au pré pour les faire venir à soi)

                        

 

 

boiterie n°4

 

 

C'est la version la plus difficile à dépouiller du fait de la mauvaise qualité sonore: la transcription est incertaine.

 

les deux boeufs de dvant

valant bein 600 francs (ou tout autant)

les deux jolis veaux (ou bus,)

valant bein autant

les deux du darri

les deux du derrière

les valant bein ari

les valent bien aussi

oh lé oh lé oh lé

..................

nos rveindrans

oh lé oh lé

...............

 

 

 

      Mais lors des collectes commencées dès 1984, par Michel Nioulou, Gilles Lauprêtre, Annick Bouchot et François Gayot, jamais les enquêteurs ne retrouveront une citation du terme boiterie.


    Michel Nioulou a enregistré auprès de Jean Fournier, à Chassigny-sous-Dun, en 1985, une version d'une des boiteries du GSAC : c'est la seule fois où l'on a retrouvé une trace de ces chants depuis 1957.


 

DSCN6134 reca

 

Jean Fournier à la Garaudaine en 2005

 

 

Voici l'enregistrement:

 

 


Jean Fournier, Chassigny sous dun (71) 1986

 

nos s'en vans dans l'Mâconnais

nous partons dans le Maconnais

treutssi du vin p'les Tsarollais

chercher du vin pour les Charollais

totsse don les dvant

touche donc ceux de devant

totsse don les dri

touche donc ceux de derrière

totsse les don teux ez chix

touche les donc tous les six

 

le ptchet bianc tireraut bein

le petit blanc tirerait bien

mais y est le gros cabet que le reteint

mais c'est le gros cabet qui le retient

allons don mon cabet

allons donc mon cabet

allons don allons don

allons donc allons donc


     Monsieur Fournier la nomme parfois tchaulage et commente en disant que c'est un chant pour mener les bœufs à la foire appris par sa grand-mère. Lui-même a attelé des vaches jusqu'en 1955 comme de nombreuses personnes dans cette commune escarpée. Mais il témoigne que jamais il n'a entendu chanter aux bœufs.


    En 2005, Laurent Billoux, éleveur de Charollaises à Charolles, et Michel Nioulou ont dressé deux paires de vaches à l'attelage. Le travail avec leurs animaux leur permet de côtoyer de nombreux anciens qui ont attelé autrefois. Aucun d'entre eux n'a jamais témoigné d'une pratique des boiteries même de manière indirecte.


     On peut donc penser que, déjà lors des collectes de 1957, les enregistrements étaient les dernières traces d'une pratique antérieure.


     Autant d'autres traditions de chants telles que celles des « mois de mai » restent très présentes et connues de la plupart des générations de la région, autant celle des boiteries semble être malheureusement tombée dans l'oubli depuis longtemps alors que nous sommes dans le berceau du Charollais.


    La présence de bientôt trois attelages à Charolles re-motivera peut-être quelques personnes à « apia yi » (atteler des bovins en langue charolaise) et à chanter de nouveau aux bêtes en s'inspirant des quelques belles boiteries sauvées in extremis.


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commentaires

ayral dominique 03/05/2012 18:23

Bonjour, tres beau sites, richement illustrée par les photos et les documents anciens.J'aspire a dresser une vache a la traction animale, et cherche notament des renseignements sur la traction au
colleir, apparament assez rare en france meme si certaines photos anciennes demontrent qu'une telle pratique a été utilisé dans le passé.J'ai deja dressé une anesse ainsi que des chevres pour le
bat, mais la force de traction d'un bovin m'a toujours impressionné.Cordialement dominique

attelage bovin 05/05/2012 06:32



Bonjour et merci pour votre agréable commentaire. La traction au collier n'était pas pratiquée chez nous. Pas loin d'ici, en Bresse, les bêtes pouvaient être attelées au joug simple pour
travailler en solo. En Alsace, où cette pratique était plus courante, Philippe Kuhlmann dresse et attèle des boeufs ( http://percheron-international.blogspot.fr/2010/09/la-nantaise-une-fetarde.html). Il travail entre autre au
collier. Vous pouvez chercher à le contacter ou le rencontrer aux rencontres internationales de bouviers à l'écomusée d'alsace (http://www.ecomusee-alsace.fr/lagenda-de-lecomusee-dalsace/7e-rencontre-international-des-bouviers.html).


Voila, j'espère vous avoir renseigné. Au plaisir si vous passez par chez nous.


Michel Nioulou